Sur le pont : Kryztle Shewchuk

December 2, 2021

Sur le pont : Kryztle Shewchuk

En vue de la Journée internationale des personnes handicapées qui aura lieu demain, vendredi, conversation « Sur le pont » avec Kryztle Shewchuk, une athlète paralympique en voile de Prince Albert, en Saskatchewan, qui a notamment participé aux Jeux d’été et d’hiver du Canada, en voile et en ski de fond.

Vous avez pris la 11e position aux Championnats canadiens de 2.4mR en septembre. Étiez-vous satisfaite de votre performance?
Je compétitionnais contre certains des meilleurs athlètes au Canada. J’étais donc très contente, même avec une 11e place. J’ai pu apprendre beaucoup des autres athlètes et j’ai reçu de bons conseils afin d’améliorer mes performances futures.

Pouvez-vous expliquer votre handicap?
Je suis paralysé à la suite d’un accident d’auto lorsque j’avais 13 ans. Mon dos s’est brisé, tout comme 14 autres os. Le conducteur de l’auto dans lequel je siégeais a oublié de mettre son signaleur et le conducteur derrière nous parlait au téléphone cellulaire. Il nous a frappé du côté droit de la voiture et nous avons tourné dans la voie inverse, ce qui a résulté que nous avons été frappés à deux autres reprises à en juger la façon dont nous avons tourné.

Vous avez participé aux Jeux d’été du Canada de 2017 en voile de 2.4mR où vous avez pris le septième rang. Quel est votre meilleur souvenir de cette compétition?
C’était tellement un événement incroyable organisé à Gimli. Mon meilleur souvenir était de naviguer sur les grosses vagues et de ne pas pouvoir voir aucun bateau jusqu’à ce que je sois sur l’une des vagues. Ce jour-là, deux autres navigateurs et moi-même étions les seuls trois compétiteurs à conclure la course alors que les bateaux se remplissaient d’eau et connaissaient des difficultés. C’était tellement une poussée d’adrénaline et une expérience remplie d’excitation pour revenir contre le vent. Les Vikings étaient aussi très cools.

Visez-vous à compétitionner à nouveau aux Jeux du Canada cet été en Ontario?
C’est un de mes buts. Je vais définitivement m’entraîner beaucoup et, je l’espère, je me qualifierai au sein de l’équipe qui compétitionnera aux Jeux du Canada.

Vous avez également représenté la Saskatchewan aux Jeux d’hiver du Canada de 2019 en ski de fond où vous avez remporté trois médailles de bronze, soit au 2,5 km, 5 km et en sprint en classe assise. Mise à part les médailles, quel est votre meilleur souvenir de cette compétition?
La température était définitivement froide pendant la compétition. Ils ont donc planifié trois courses une en arrière de l’autre, pendant trois jours de suite. J’ai skié à Red Deer à plusieurs reprises et j’étais donc familière avec les pistes. Une chose que je n’aime pas beaucoup est de descendre des pentes, et nous avons commencé les courses… en descendant une pente. Alors je m’en souviens définitivement. C’était tellement un bon souvenir de pouvoir compétitionner contre les femmes dans ma catégorie et j’ai aimé comment tout le monde (athlètes, entraîneurs et ceux qui ont regardé les courses) nous ont tous supporté.

Visez-vous également à compétitionner aux prochains Jeux du Canada en 2023 à l’Île-du-Prince-Édouard en ski de fond?
Je m’entraîne définitivement pour cela et j’espère que je pourrai me qualifier au sein de l’équipe qui participera également à cette compétition.

Quel sport préférez-vous : la voile ou le ski de fond?
Je suis une personne d’été. Je préfère donc définitivement l’été et de pouvoir les passer sur le lac et sur l’eau. En étant en chaise roulante, j’aime la liberté que le ski me procure alors que je peux me rendre à des places que ma chaise ne me le permet pas. Mais définitivement que la voile est mon premier choix.

Comment est-ce important pour vous de participer à un autre sport l’hiver en attendant que la saison de voile reparte?
C’est très important pour moi de rester active pendant toute l’année, non seulement pour l’aspect physique mais également pour celui mental. Je suis quelqu’un qui, des fois, peut avoir des défis au niveau mental lorsque je ne fais d’activité physique. Je suis donc très reconnaissante envers mon entraîneur de ski de m’avoir initié à la voile. De cette façon, j’ai cette opportunité incroyable de faire deux grands sports pendant toute l’année.

Comment le ski de fond vous aide-t-il pour votre saison de voile?
Ça m’aide à rester en forme, ça c’est sûr. Ça m’aide aussi à travailler mon équilibre, ma flexibilité et me construire de la force, ce qui est très important lorsque je suis dans le bateau. Ça m’aide également à rester concentré et d’être en forme mentalement tout au long de l’hiver pour que je puisse être prête à attaquer la saison de voile. Ça m’aide aussi à garder une bonne routine.

Comment est-ce que la voile vous aide pour votre saison de ski de fond?
Je trouve qu’avec la voile, il y a un grand besoin de force au niveau abdominal et des muscles, selon le vent, ainsi qu’un équilibre dont on a grandement besoin, et qui se transporte au ski alors que la force abdominale est très importante, spécialement en montant des pentes. Avec la voile, je dois être présente mentalement, par exemple pour trouver la direction du vent, et d’être alerte tout le temps ce qui aide à rester concentré.

L’inclusion, la diversité et l’équité font partie du nouveau plan stratégique de Voile Canada. Avez-vous dû passer à travers des défis en voile?
Je navigue depuis un peu plus de sept ans et je trouve qu’ici, en Saskatchewan, nous avons tellement une équipe de support incroyable qui a travaillé dur pour inclure les bateaux 2.4mR qui compétitionnent en Saskatchewan et d’avoir nos bateaux à travers la province pour compétitionner. Beaucoup de nos lacs n’ont pas de système de quai approprié pour nos bateaux alors Joe, un de nos entraîneurs, a créé une machine qui nous amène, nous et nos bateaux, dans l’eau lorsque nous naviguons à Redberry Lake. Lorsque nous voyageons pour la voile, l’accessibilité peut rendre l’inclusion un peu plus difficile selon l’handicap. Lorsque nous avons des problèmes, que ce soit pour se rendre dans l’eau, rendre les bateaux accessibles ou d’avoir un handicap, je suis très reconnaissante de faire partie de la communauté et de l’équipe de voile de la Saskatchewan. Avec leur support, ça aide beaucoup à ne pas se sentir écarté, d’être laissé à avoir des problèmes ou de se sentir que ce n’est pas possible.

World Sailing a lancé une campagne pour réintégrer le sport de la voile aux Jeux paralympiques de 2028 à Los Angeles. À quel point cette initiative est importante pour les navigateurs paralympiques canadiens?
Je pense que c’est très important de ramener la voile et de permettre aux athlètes de compétitionner à nouveau aux Jeux paralympiques. La meilleure partie de la voile est que vos habiletés sont plus importantes que votre handicap, et ça n’exclut donc personne. Ça montre aux autres ce que les individus avec différents niveaux de capacité peuvent faire, ça met de l’emphase sur la motivation et la confiance, ça donne de la responsabilisation et plus encore. C’est l’un des sports, à mon avis, qu’ils n’auraient jamais dû exclure des Jeux.

Est-ce que vous espérez participer aux Jeux paralympiques, en ski de fond ou en voile (si réinsérée)?
Jusqu’à maintenant, je me concentre uniquement à m’entraîner pour les Jeux du Canada, tant d’été que d’hiver. Je n’ai pas tant pensé si je veux me rendre à un niveau supérieur.

Qu’est-ce qui s’en vient pour vous?
Pour cette saison hivernale, j’ai un camp d’entraînement qui s’en vient à Lake Louise et quelques courses Sask Cup. Je me prépare pour la prochaine saison.


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