“Sur le pont” : Genny Simard

October 21, 2021

“Sur le pont” : Genny Simard

Même pendant la COVID-19, le club Sail St Andrews au Nouveau-Brunswick a réussi à augmenter son nombre de participants au cours de la dernière année. Conversation « Sur le pont » avec Genny Simard, présidente du conseil d’administration du club.

Le club Sail St Andrews était présent pendant des décennies, mais a dû mettre fin à ses activités en 2009. Que s’est-il passé?
Après avoir été lancé peut-être aussi tôt que lors des années 1960 ou 1970, qui étaient alors les beaux jours de la voile en dinghies Mirror (vendu en parties en bois venant de l’Angleterre que les familles peuvent transporter facilement sur le toit de leur auto), les jeunes navigateurs voulaient apprendre les techniques au port de St Andrews. On me dit qu’à un moment donné, le club a connu des difficultés à trouver des instructeurs qualifiés, ce qui a coïncidé avec la perte d’intérêt des résidents de la ville.

Comment le club a-t-il reparti en 2011?
C’est une très belle histoire. Plusieurs citoyens, assis au bout du quai du marché, observaient le beau quai et étaient tous d’accord que nous avions besoin à nouveau d’une école de voile. Jim Day et John Anderson (instructeurs en construction de bateau), Doug Mackenzie (navigateur expérimenté), Leigh Beaton (impliqué dans des projets communautaires), et Doug James (ancien directeur du Toronto Brigantine) ont commencé le processus de récolter des fonds. Une lettre a été envoyé à madame Flemme, qui a lancé le fameux Kingsbrae Garden ici, dans la ville, et elle croyait que c’était une idée merveilleuse. Elle nous a offert 10 000 $ si nous pouvions l’égaliser. C’est ce que nous avons éventuellement réussi avec la valeur de l’équipement que nous avons pu obtenir. Un fabricant ontarien de Mirror nous a offert un ensemble, et deux autres ont été construits peu de temps après. Les Cadets de la Marine locaux ont aidé à en construire un, et un autre a été fabriqué avec un groupe de fiers étudiants, tous âgés en bas de 14 ans, dans un chantier naval surveillé. Nous avons pu commencer avec suffisamment de bateaux. Le Réseau de développement des communautés du Canada ont également fait des dons, et des événements de levée de fonds locaux ont amené d’autres entrées d’argent.

Quels programmes offrez-vous?
Pour les premières années d’opération, nous avons simplement présenté des cours pour les débutants, pour les techniques de base en voile. Au cours des cinq dernières années, alors que nous voyons de plus en plus d’étudiants revenir, nous avons pu offrir un cours avancé se concentrant sur les techniques de course.

Vous êtes également l’un des deux ou trois seules écoles au Canada qui utilisent la classe dinghies Mirror. Pourquoi?
Les traditionnels voiliers dinghies en bois ont malheureusement été remplacés par des bateaux modernes en fibre de verre qui sont plus performants en course, comme les Lasers et les 420. Les ensembles Mirror sont difficiles à obtenir au Canada maintenant, et les Mirror plus anciens nécessitent souvent beaucoup de travail afin qu’ils soient en bon état. Ils ont besoin de plus d’entretien que les bateaux en fibre de verre. Quelques Mirror ont éventuellement été changés en fibre de verre, mais ils sont moins performants puisqu’ils ont eu du poids supplémentaire. Lorsque l’Association de Dinghy Mirror de l’Ontario a été dissout, on s’est fait offrir leur dernier ensemble puisque nous étions les seuls intéressés alors que deux clubs les utilisent encore. Quelques-uns de nos Mirror ont été donnés par des familles au Nouveau-Brunswick qui ne pouvaient plus les utiliser alors qu’un d’eux date de plus de 50 ans! Les dinghies Mirror se naviguent exceptionnellement bien, même avec peu de vent, et sont très simples à opérer par les étudiants.

Pouvez-vous nous donner un portrait de la population de votre communauté à St Andrews?
St Andrews est une petite ville côtière de 1 800 citoyens, avec un quai quelque peu protégé à marée basse (nos marées peuvent monter jusqu’à 30 pieds) très populaire au sein des retraités. Toutefois, au cours de la dernière décennie, nous avons vu de plus en plus de jeunes familles revenir et élever leurs enfants dans cette ville très sécuritaire et orientée vers la communauté. Notre économie tourne autour du tourisme et nous avons plusieurs résidents saisonniers, ce qui amène plus d’enfants qui peuvent participer à nos cours de voile.

En 2015, votre club avait 15 enfants inscrits dans votre programme. Cette année, vous aviez 53 inscriptions pour un total de 38 enfants. Comment avez-vous réalisé cela?
Les fondateurs de l’organisation en 2011 étaient tous des retraités, qui, éventuellement, voulaient voir participer plus de jeunes membres. Depuis 2014, le conseil d’administration a vu un changement complet. Notre présidente, Genny Simard, qui travaille avec les entreprises touristiques, a de l’expérience en marketing et elle a décidé d’améliorer les efforts locaux de marketing. Alors que les enfants commençaient à aimer ce sport magnifique, ils ont décidé de s’inscrire à chaque année et le mot s’est passé. Rapidement, nous avons eu des clients répétitifs et les parents sont de plus en plus intéressés à inscrire leurs enfants. Nous sommes passés de présenter seulement une ou deux semaines par été à avoir sept semaines en 2021! Toutes les semaines, nous avons eu des commentaires fantastiques, tant par les enfants que les parents. Les gens de la ville nous disent également qu’ils aiment voir les voiles orange dans le quai avec de grands sourires sur le visage des enfants.

Comment avez-vous pu faire cela même avec la COVID-19?
En tant que petite ville du Nouveau-Brunswick, avec un gouvernement provincial qui a mis des règles très strictes en place dès le début de la pandémie, nous avons pu garder les infections de la COVID-19 à un niveau assez bas que les parents se sentaient confortables à inscrire leurs enfants dans des sports extérieurs. En tant qu’organisation, nous avons développé un plan de COVID-19 pour chaque été afin de faire face à des problèmes, comme le lavage des mains, ne pas partager les vestes de sauvetage, et créer des bulles de deux enfants par bateau (avec le consentement des parents).

Auriez-vous des conseils pour les petits clubs qui essaient de survivre en ces temps de COVID-19?
Je pense que la clé est de s’assurer que les règlements de la COVID-19 sont écrits et présentés à tous les parents qui savent ainsi ce qui est fait. Nous nous sommes assurés que les instructeurs suivent les règles, tout comme les enfants. Nous opérons avec seulement six à huit enfants par semaine, deux enfants par bateau, pour un maximum de quatre bateaux, et nous présentons les cours à l’extérieur, sauf si la température ne collabore pas. Sinon, nous utilisons une large salle communautaire où les enfants peuvent garder deux mètres de distance en sécurité.

Auriez-vous un conseil pour les petits clubs essayant d’attirer plus d’enfants?
Nos enfants s’inscrivent dans les classes aussitôt qu’ils sont disponibles, et nous essayons de les promouvoir sur notre site Internet, notre page Facebook et des affiches dans la ville. Nous approchons également les groupes communautaires comme les écoles, les centres jeunesses, les clubs pour garçons et filles, les Cadets de la Marine, et nous nous assurons qu’ils savent que nous avons des bourses disponibles pour les familles qui pourraient ne pas pouvoir payer de tels cours. Nous sommes reconnaissants envers nos commanditaires.

Qu’est-ce qui s’en vient pour Sail St Andrews Inc.?
Nous sommes très excités quant au niveau d’intérêt pour ces habiletés magnifiques, et nous recherchons activement des instructeurs qualifiés qui pourraient éventuellement certifier nos étudiants. Nous aimerions offrir plus de cours avancés et être capable de finalement entraîner les étudiants les plus anciens afin qu’ils deviennent les prochains instructeurs! Tout est autour d’encourager la prochaine génération de navigateurs et de leur donner un grand leadership et des habiletés de travail d’équipe.

 


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