Sur le pont : Dylan Scott

February 15, 2022

Sur le pont : Dylan Scott

Plusieurs étudiants sont à préparer leur demande d’admission aux universités canadiennes pour l’automne prochain, incluant de jeunes navigateurs qui voudraient poursuivre leur passion tout en étudiant au pays. Conversation « Sur le pont » avec le président de la Canadian Intercollegiate Sailing Association, Dylan Scott.

Quel est l’objectif principal de la Canadian Intercollegiate Sailing Association?

La Canadian Intercollegiate Sailing Association, ou CICSA, est un organisme à but non lucratif ayant comme objectif de promouvoir la voile au niveau intercollégial au Canada. Nous servons à faciliter les compétitions au niveau intercollégial et à supporter les besoins de nos équipes et athlètes.

Quelles sont les options pour les jeunes athlètes canadiens qui veulent toujours poursuivre leur passion et compétitionner tout en étudiant à l’université?
Il y a plus de 20 universités au Canada qui ont des équipes. Celles-ci sont situées d’un océan à l’autre, de St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, à Victoria, en Colombie-Britannique. Une liste complète des équipes peut être consultée sur notre site Internet (www.cicsailing.ca/teams). Ceci dit, le fait que leur école n’ait pas d’équipe ne signifie pas qu’un athlète ne peut pas compétitionner. Beaucoup d’équipes prendront avec joie des athlètes d’universités environnantes qui n’ont pas leur propre équipe. Si une école n’a pas de formation, un athlète ou un club de voile peut aussi en démarrer un! Nous avons beaucoup de contacts et de ressources pour aider la création de nouvelles équipes. Tout ce qu’il doit y avoir est quelques personnes qui veulent faire de la voile et nous pouvons aider à partir de là!

Combien d’athlètes participent à la Canadian Intercollegiate Sailing Association?
L’année dernière, nous avons eu près de 500 athlètes au sein des équipes compétitives à travers le pays, même si la COVID-19 a empêché certains de compétitionner. De plus, quelques équipes universitaires présentent des cours Learn to Sail ou des programmes récréatifs qui ont envoyé plus de 600 navigateurs supplémentaires sur l’eau.

Les universités canadiennes ont compétitionné l’une contre l’autre depuis 1937. Comment le format de compétition a évolué à travers les années?
Nous sommes fiers de célébrer 85 ans de voile universitaire au Canada cette année. La première régate en 1937 était une compétition par équipe entre RMC, UofT, Queen’s et McGill. L’année suivante, des courses de flotte sont devenus également des incontournables. Dans les premières années, certaines équipes ont actuellement construit leur propre flotte de Dinghies pour présenter des compétitions. Dans les années 1950, des courses de quillard ont commencé à être présentées avec des bateaux comme les Bluenoses qui étaient populaire parmi les universités. Puis, dans les années 1970, il y avait des régates qui se tenaient de Vancouver, en Colombie-Britannique, jusqu’à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

En 2010, afin d’envoyer des athlètes compétitionner dans des championnats du monde universitaires de voile, les équipes se sont entendues pour officiellement incorporer CICSA comme ça l’est aujourd’hui. Depuis ce temps, plusieurs universités canadiennes différentes ont participé à des Mondiaux, ce qui a résulté à deux podiums : Dalhousie en 2012 (2e) et Queen’s en 2016 (1er). Avec un conseil d’administration, nous avons également pu nous impliquer dans d’autres secteurs comme supporter de nouvelles équipes et présenter des championnats nationaux. Nous avons implanté un système de pointage il y a quelques années qui nous permet de classer les équipes selon les résultats de toutes les compétitions à travers le pays.

Y a-t-il un horaire spécial pour les athlètes dans les clubs universitaires de voile, tels les programmes/bénéfices de ceux dans les programmes de basketball ou hockey qu’ils peuvent avoir?
Chaque équipe a ses propres arrangements avec leur université. Mais en général, oui! Chaque équipe peut exempter ses athlètes des cours ou de bouger des examens qui auraient un conflit avec les régates (même pour les compétitions qui ne sont pas de CICSA). Les écoles demandent également que leurs athlètes aient un bon niveau académique. Donc plusieurs équipes réservent des salles de lecture pour donner du temps d’études pour leurs équipes, tout comme les autres sports d’équipe. Certaines équipes de voile ont même accès à des salles d’entraîneur de haute performance et des entraîneurs exclusivement réservés pour les équipes sportives de leurs écoles. Les équipes ont souvent des rabais sur des équipements athlétiques et/ou de voile pour leurs athlètes.

La principale différence est le niveau de financement. Même si les équipes de voile reçoivent souvent une aide financière de leurs écoles, c’est habituellement loin d’être près du niveau de soutien que les équipes de basketball ou de hockey aurait. Il n’y a également pas de bourses athlétiques pour la voile, même aux États-Unis.

Quel est le niveau de compétition de la Canadian Intercollegiate Sailing Association?
Nous avons beaucoup de talent dans la CICSA! Ce n’est pas inhabituel d’avoir plusieurs gagnants des compétitions de CORK sur la même ligne de départ à nos régates. Nous sommes fiers d’avoir plusieurs anciens olympiens, incluant Will Jones, Evan DePaul, Danielle Boyd et Jacob et Graeme Saunders, au sein de CICSA et de nos équipes membres à travers le pays. Plusieurs Américains vont à des universités canadiennes et ils sont habituellement assez bons également alors que plusieurs d’entre eux viennent de programmes américains de voile du secondaire, un programme qui nourrit la voile intercollégiale. Il y a beaucoup de bons navigateurs dans le circuit américain également. Plusieurs équipes canadiennes voyagent régulièrement aux États-Unis pour y compétitionner (lors des années où il n’y a pas de COVID-19), simplement pour le défi supplémentaire.

Ceci dit, nous avons des opportunités pour des navigateurs de tous les niveaux! Nous avons différents niveaux d’événements correspondant au nombre de points qu’une équipe peut gagner à cette compétition. Ceux du niveau B n’ont pas la même valeur de points et les équipes y envoient souvent leur moins expérimentés et plus nouveaux navigateurs pour qu’ils se développent en vue des prochaines années. Un championnat national vaut beaucoup de points. Donc les équipes y enverra leurs meilleurs athlètes. Lorsque j’ai rejoint Dalhousie Sailing en 2016, je n’avais que mon niveau CanSail 3. Nouveau en course, j’ai commencé par aller à des événements de niveau plus bas. Avant 2020, j’ai obtenu plusieurs podiums à des niveaux plus hauts et je me suis qualifié au sein de l’équipe universitaire nationale. Cela s’est transformé à des opportunités de courses encore plus internationales pour moi à l’extérieur de CICSA. Je pense que ça témoigne des opportunités de développement au sein de CICSA pour les athlètes et jeunes adultes.

Comment les régates intercollégiales sont-elles différentes de celles typiques pour les jeunes?
Il y a plusieurs différences. Il y a deux flottes, A et B, et les équipes envoient un bateau A et un bateau B qui font chacun la moitié des courses. Le pointage final des équipes est la somme des deux bateaux. Les courses intercollégiales sont habituellement de style « stadium ». Les courses individuelles sont d’une durée de 12-15 minutes et la régate comprend jusqu’à 24 courses dans une fin de semaine. Les parcours sont habituellement près des rivages, des fois même dans des rivières ou des bras de rivières. C’est habituel de ne pas pouvoir atteindre chaque coin de la course parce que vous êtes trop près du rivage et des obstructions supplémentaires sur le parcours sont communs. Ceci sert à garder la flotte serrée et à augmenter la circulation. La connaissance des règlements et des tactiques devient beaucoup plus importante alors que vous aurez à faire des départs et contourner les bouées dans une grande circulation tout au long de la régate. Plusieurs courses se terminent en étant gagnées ou perdues par une seule longueur de bateau. Ceci rend le sport plus amusant à regarder et certaines compétitions attirent des spectateurs qui veulent encourager leur équipe favorite.

À quoi ressemble la saison dans la Canadian Intercollegiate Sailing Association?
Notre saison principale se déroule l’automne, de septembre à octobre. Certains naviguent à l’extérieur de cette période mais ça dépend du climat où ils sont. Les régates se déroulent les fins de semaine et ne sont pas en conflit avec l’école. Il y a environ 15 à 20 compétitions dans une saison normale à travers le pays. À la fin de la saison, nous avons habituellement nos championnats nationaux.

Nous avons également des événements spéciaux et hors-saison qui ont lieu tout au long de l’année. Un des favoris chez les athlètes a été les MidWinters qui ont habituellement lieux en Floride pendant la semaine de relâche d’hiver.

Il n’y a pas un athlète qui peut aller à tous les événements, et aucun athlète seul ne peut amener son équipe au sommet du tableau national. Ça demande plusieurs athlètes au sein d’un alignement d’une équipe pour bien faire. Ça en fait plus un sport d’équipe. Ça encourage les athlètes plus expérimentés à partager leurs connaissances et habiletés. Ils savent que pour que leur équipe fasse bien ils devront avoir certains de leurs plus nouveaux athlètes d’avoir des résultats dans la moyenne.

À quoi ressemble les voyages pour les compétitions? Est-ce que les athlètes ratent beaucoup de cours?
Même s’il y a beaucoup de compétitions, c’est rare de voir des athlètes aller à plus de trois régates par saison. Les équipes peuvent compter jusqu’à 25 athlètes et ils font souvent des rotations quant à ceux qui compétitionnent à chaque fin de semaine, permettant aux athlètes d’avoir du repos. Avec des compétitions les fins de semaine, les équipes à proximité n’ont pas besoin de rater de l’école pour compétitionner. Pour les championnats nationaux toutefois, ce n’est pas inhabituel d’avoir plusieurs équipes qui voyagent. Les équipes peuvent exempter des athlètes des classes et remettre à plus tard des travaux et des examens, ce qui aide dans les rares cas où il y un conflit.

Il y a plusieurs opportunités excitantes à l’extérieur des États-Unis également (lors des années qui sont hors COVID-19). Des équipes sont partis compétitionner à New York, en Floride, en Californie, à Hawaï, en Angleterre, en France et en Italie. Ces événements ne comptent pas pour le classement national, mais les étudiants veulent y aller puisque ce sont des endroits excitants avec beaucoup de belles compétitions. Plusieurs équipes ne font qu’une grosse compétition comme celles-ci certaomes années.

Y a-t-il un coût pour être membre de l’équipe?
Habituellement, il y a un coût associé. Chaque équipe gère ses propres finances alors les montants varient. Le frais d’équipe moyen l’an dernier était de 355 $. Ce montant sert à l’entraînement, à l’entraîneur, aux installations et à l’utilisation d’équipement. Plusieurs équipes subventionnent les coûts de voyagement. À quelques exceptions près, il n’y a pas de frais reliés aux régates ou de transport. Les bateaux sont fournis pour les navigateurs lors de tous les événements à travers le pays et ce, sans frais.

Pour un jeune navigateur intéressé au Canadian Intercollegiate Sailing Association, quel serait le meilleur moyen de s’inscrire?
La meilleure façon de s’inscrire serait de contacter les équipes qu’ils sont intéressés de rejoindre. Chaque équipe a différents programmes (C420, quillard, voile récréative, etc…) et pourront donner la meilleure information quant à comment s’inscrire au sein de leurs programmes. Les équipes veulent toujours avoir plus d’athlètes! Également, les équipes font habituellement leur horaire d’entraînement avant que les inscriptions aux cours débutent, permettant aux athlètes de choisir des cours à des moments qui ne seront pas en conflit avec l’entraînement. En tant qu’étudiant de première année, si vous savez que vous voulez vous inscrire au sein de l’équipe de voile, vous pouvez les contacter avant le début des classes et demander quand sont les entraînements afin de choisir les heures de cours qui vous permettront de participer à plus d’entraînement. Sur notre site Internet, vous pouvez trouver une liste de toutes les équipes et les liens à leur site Internet ou page Facebook pour en savoir plus (cicsailing.ca/teams).

Qu’est-ce qui s’en vient pour la Canadian Intercollegiate Sailing Association?
Alors que nous assistons au retour des compétitions internationales, nous allons être à la recherche d’athlètes pour joindre notre équipe universitaire nationale pour être prêt à retourner aux événements internationaux universitaires. Nous regardons également à ajouter plus d’équipes à la CICSA. Il y a beaucoup de grandes universités près des clubs de voile qui n’ont présentement pas d’équipe. D’avoir plus de navigateur est toujours important. Nous espérons travailler avec les clubs de voile dans le futur afin d’implanter ces programmes.

 


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